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bao i dao - tai chi chuan bao i dao - tai chi chuan


 

 

 

 


Bui Xuan Quang

Bùi Xuân Quang


le tai chi chuan
dans l'école bao idao

Questions à Bùi Xuân Quang

Comment avez-vous commencé le Tai Chi ?

En fait, j’ai commencé avec les arts martiaux dits « externes ». En 1957, j’ai fait mes premiers pas de karaté avec M. Plée dans sa salle rue de la Montagne Sainte Geneviève, le premier dojo européen. J’avais 16 ans. Puis, en novembre 1957, maître Murakami était arrivé. Nous étions parmi les premiers, mes camarades de lycée et moi, à faire la connaissance du vrai karaté japonais. Michel Hsu a commencé aussi le karaté à cette date mais je ne l’ai rencontré que plus tard, vers le début des années 60. Je commençai à enseigner le karaté en 1970, ensuite l’aïkido vers le milieu des années 80, sous une forme souple proposée par Pierre Lapébie et appelée Aikijundo.

En 1993, Patrick Kelly est venu en Europe pour diffuser l’enseignement du maître Huang Sheng Shyan. Je réalisais alors que ma recherche dans le karaté et l’aïkido était arrivée à son terme. J’ai donc arrêté le karaté et l’aïkido pour consacrer tout mon temps au Tai Chi Chuan. Michel Hsu qui était professeur de karaté et de full contact a fait de même.

Vous aviez déjà pratiqué le Tai Chi avant votre rencontre avec Patrick Kelly…

Oui, j’ai débuté avec l’abbé Li Huang Hua, puis j’ai pratiqué la forme avec Pierre Lapébie. Mais je savais que la vérité se trouvait ailleurs.

Qu’est-ce qui vous a poussé à abandonner les autres arts martiaux pour le Tai Chi Chuan ?

C’est une évolution personnelle. J’ai commencé par le karaté dur, le Shotokan, à peu près comme la plupart des pratiquants du karaté. Puis, maître Murakami, mon professeur, a suivi le chemin du grand maître Egami, le fondateur du Shotokaï, un karaté très mental. (Son élève, Aoki s’est inspiré de l’essence du Shotokaï pour créer le Shintaïdo). Je trouvais que le Shotokaï sacrifiait trop le corps aux dépens du développement du mental, alors je modifiais quelques détails avec mes connaissances du Tai Chi d’alors. Cela me paraissait suffisant. J’ai un ancien élève, William Lionetti, qui continue actuellement à enseigner cette forme de karaté. William Lionetti est devenu un combattant en Jiu Jitsu de haut niveau. Le Tai Chi Chuan de maître Huang enseigné par Patrick Kelly est arrivé au bon moment. J’avais besoin de plus d’espace, au sens figuré, pour évoluer. Et Patrick Kelly offre une des très rares portes ouvertes vers le monde du Tai Chi Chuan authentique.

Qu’est-ce pour vous, le Tai Chi Chuan ?

Le Tai Chi Chuan est un art du combat dont la stratégie est basée sur une profonde connaissance de la nature. Il faut travailler l’écoute de son propre corps (la « forme »,  lente ou rapide) puis l’écoute de l’adversaire (le travail à deux). On peut dire que le Tai Chi Chuan est l’art du contrôle des énergies. Sa pratique exige de mettre en jeu tout le potentiel humain : la puissance physique, la sensibilité, la pensée.

Qui peut pratiquer le Tai Chi Chuan avec vous ?

Ceux qui désirent développer leur potentiel humain, corps, sensibilité, esprit, dans la maîtrise de l’énergie et qui acceptent de faire des efforts pour cela. Ceux qui cherchent à apprendre rapidement un art de self-défense, comme ceux qui veulent atteindre la grande harmonie de l’univers sans effort seront vite déçus. Beaucoup de gens aimeraient pouvoir jouer du Mozart et briller devant une assistance mais fort peu aiment suffisamment la musique pour faire les efforts nécessaires à l’étude du piano.

Je n’ai pas l’ambition d’enseigner le Tai Chi Chuan à un grand nombre d’élèves, mais d’aider ceux qui aiment réellement le Tai Chi Chuan et qui me font confiance, à développer le potentiel de leur corps, sensibilité, esprit, le mieux possible.